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Au delà du symbole de la chèvre qui les caractérise, les Bamena ont ceci de fort, tirer leur village vers le haut. Après l’abandon de leur localité par les pouvoirs publics, les populations grâce à travers leurs élites construisent Lycée, collèges, hôpitaux, et jusqu’aux bâtiments administratifs pouvant accueillir le chef de terre.

Connue pour le dynamisme économique et intellectuel de ses fils, le village Bamena fut fondé sur un acte de courage et de ruse par le nommé TCHAPTCHOP. En effet, selon certaines investigations, Bamena n’était habité vers le 13e siècle que par une très faible population dominée par Zawang, Zafeng et Zossougang, d’origines jusqu’ici imprécises, qui avaient baptisé le coin « Lah meno » c’est-à-dire le village des gros gibiers. Les autochtones qui les acceptèrent sans animosité étaient loin de se douter qu’ils seraient très vite envahis par d’autres. Un groupe de chasseurs dirigé par Tchaptchop découvrit ce milieu plein de gibiers et s’y installa sans violence.

Zowang, Zafeng et Zossougang considéraient le droit d’ainesse comme une règle sacrée. Mais l’étranger Tchaptchop, plus ambitieux et plus intelligent, introduisit une autre notion de hiérarchie. A la suite d’une famine qui sévissait dans la région, Zawang le doyen accepta de déclarer que le Chef sera celui qui apporterait le premier le « Gibier saignant avec quatre pattes ». Quand les autres revinrent avec leur gibier sauvage, il était trop tard car Tchaptchop avait arrêté une chèvre et avait déjà présenté. Malgré la protestation des autres chasseurs, Tchaptchop fut « arrêté » par Zawang et intronisé comme chef, comme convenu. D’où l’expression « Bamena voleurs de chèvres ».

C’est donc à cause de cet acte posé par celui qui devint le premier Chef Bamena que les Bamena sont appelés « les voleurs de chèvres ». En souvenir de ce même acte, la chèvre est devenue le symbole des Bamena qui ont décidé de lui consacrer tout un festival dont la première édition à été célébrée les 14 et 15 Avril 2006. Foire exposition d’objets d’arts, de chèvres et des produits vivriers, projections cinématographiques, représentation théâtrale, conférence débat, activités sportives et concours de la plus belle chèvre étaient au menu.

Cette 1ère édition était l’occasion pour tous les fils et filles Bamena du Cameroun et de la diaspora de communier ensemble afin de mettre les jalons pour le développement économique et social du village. Au cours de cette édition, le concours de la plus belle chèvre a été remporté par un éleveur Bamena venu de Melong qui a promis de faire revenir la race au village.