Sans compter les dépenses, un fils du village avait décidé de doter en avril 2006 le bled d’un lieu de prière.Un bel édifice entièrement construit et équipé pour louer le Seigneur, une architecture moderne à la mesure de toutes les attentes et une capacité d’accueil de près de 2.500 ouailles, les populations de Bamena Catholique étaient toutes émues en découvrant l’église Sainte famille de Tchouplan. Consacrée et inaugurée le 20 avril 2006 par Mgr Joseph Atanga, l’évêque de Bafoussam.

L’homme de Dieu avait invité la communauté catholique du village à s’engager davantage dans le développement du christianisme. Il avait présenté l’édifice comme faisant la fierté du village, un haut lieu où tous pourront rencontrer le seigneur en toute tranquillité. “Cette église est le temple vivant du Dieu vivant, un lieu où tous les catholiques vont se rassembler pour prier et adorer Dieu en vérité et en réalité”, dira l’évêque; en invitant l’élite de la région à un rassemblement pour la réussite d’autres projets communautaires. Mgr Atanga qui pense qu’une foi sans les oeuvres est une foi vide, a baptisé la demeure “église de Sainte famille”, non sans espérer que l’Autel sera cette fontaine où jaillira sans fin l’eau du Christ.

L’histoire de l’église Sainte famille remonte à 1991 avec le retour à Bamena Tchouplan de Pierre Tchouayang, un fils du village qui n’y avait plus séjourné depuis assez longtemps. Pierre constate la mort dans l’âme, la désagrégation de la bâtisse qui jusque-là servait d’église. Et décide pour participer à l’épanouissement du christianisme d’offrir une chapelle digne de ce nom aux siens. Son engagement se veut une reconnaissance à la mesure de la protection de l’éternel qui l’a sauvé de la mort, lorsqu’en en 1961 alors qu’il n’avait que quatre ans, il avait vu son père, sa mère et sa soeur cadette déportés vers une destination inconnue et assassinés par les maquisards. “J’ai construit cette église au jour le jour; il n’y avait pas de plan, ni d’architecte. Je voulais offrir cela à Dieu pour lui dire ma reconnaissance d’orphelin des largesses dont il m’a comblé. Chaque fois que j’achetais un matériel, je déchirais les factures pour ne pas à la fin me glorifier des dépenses. Le Seigneur m’a tout simplement choisi pour offrir un cadeau, il s’est servi de moi pour construire une église. Pourquoi s’en vanter...”, raconte-t-il.

Le village Bamena

La bourgade de Bamena est située dans l’arrondissement de Bangangté, département du Ndé. Elle est traversée par la route nationale Yaoundé-Bafang. Bamena fait face à un vaste exode rural, même si on estime la densité de sa population à 121 habitants au km2. Le bled est dépourvu de services administratifs, en dehors du petit dispensaire public situé à Toutah, qui croupit dans la misère, en l’absence d’installations fiables. Il souffre aussi d’un manque criard d’eau potable. Les populations doivent parcourir de longues distances, pour aller s’approvisionner en eau dans les raphia. L’économie du village repose sur le petit élevage, les cultures vivrières et le petit commerce; dans une espèce de marché périodique et rotatif, lieu par excellence des échanges.

Désormais et grâce au dynamisme d’un de leurs fils, les populations de Bamena Tchouplan, pourront toujours après une semaine de dur labeur, aller demander au Seigneur d’honorer leur village de sa grâce divine.

Souley Onohiolo à Bamena/ Le Messager